PAIEMENTS (BALANCE DES)

PAIEMENTS (BALANCE DES)

De longue date, sous la dénomination «balance du commerce», «balance des comptes» ou «balance des paiements», on s’est efforcé de procéder à l’enregistrement des créances et dettes internationales ayant fait l’objet d’un règlement en période courte (traditionnellement l’année).

La nécessité de procéder à une énumération des différents postes qui déterminent la balance est apparue avec le mercantilisme. Toutefois, à cette époque et jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, l’importance est donnée presque exclusivement aux mouvements de marchandises, tandis que le reste des transactions avec l’extérieur est négligé.

Ainsi l’expression balance du commerce, qui avait acquis chez l’économiste irlandais du XVIIIe siècle Richard Cantillon un sens «général» et presque noble, ne représente plus actuellement qu’un des regroupements possibles des divers éléments constitutifs de la balance des paiements, tandis que celle-ci devient le tableau des comptes extérieurs d’un pays, c’est-à-dire le relevé de toutes les transactions économiques de l’année (ou du semestre, voire du trimestre) effectuées entre les résidents de ce pays et ceux du reste du monde: mouvements de marchandises et prestations de services, d’une part, mouvements de capitaux «non monétaires» et monétaires d’autre part.

Cependant, même les définitions au sens large doivent être tenues, à ce stade, pour provisoires; elles équivalent à une simple présentation. La véritable définition, celle qui pourrait être qualifiée de «définitive», serait celle qui fournirait la clef du diagnostic d’un équilibre «véritable» ou d’un déséquilibre «caractérisé».

1. Diagnostic et problème des soldes

Balances «favorables» et principe d’équilibre

Quels qve soient les perfectionnements apportés aux méthodes d’enregistrement, ils ne suffiraient pas à garantir l’exactitude du diagnostic, si celui-ci devait se limiter à une simple appréciation du solde. Les jugements quasi mythiques, comme celui du caractère «favorable» d’un déséquilibre par excès qui depuis longtemps préoccupe tout mercantiliste, apparaissent tout aussi dangereux que celui, symétrique, qui consiste à dénoncer le caractère «défavorable» d’un solde déficitaire de «balance courante».

On a également remis en question le principe classique d’une norme d’équilibre international selon laquelle tout un jeu d’équilibres internes et externes serait automatiquement acquis. La théorie moderne doit désormais rechercher des critères plus subtils.

On hésitera, par exemple, à déclarer l’équilibre réel lorsqu’un déficit des paiements courants est «balancé» par une aide extérieure ou grâce à l’utilisation de droits de tirage sur le F.M.I. Le bon diagnostic exige l’analyse attentive de tous les postes de la balance.

Normes de classement du F.M.I. et comptabilisation

L’analyse systématique à laquelle on s’attache désormais tend à l’uniformisation des définitions.

L’effort de généralisation dans la présentation a été surtout le fait du Fonds monétaire international; il s’est concrétisé dans le Manuel de la balance des paiements .

Le principe d’enregistrement est celui du système vertical en partie double, qui consiste à décomposer systématiquement toute transaction économique en deux plans (même lorsqu’elle apparaît sans contrepartie directe, tels les dons en espèce ou en nature), l’un s’inscrivant au débit, l’autre au crédit de la balance.

Balance globale et soldes significatifs

Il résulte de la méthode de comptabilisation employée que la balance s’équilibre toujours d’un point de vue strictement comptable. Mais, suivant les regroupements des postes qui sont effectués au sein de la balance, il est possible de dégager des soldes plus ou moins significatifs.

Ainsi, le solde des seuls mouvements de marchandises «visibles» sera le solde commercial stricto sensu . Par l’adjonction des éléments «invisibles» du commerce ou des services, on trouvera la balance commerciale lato sensu . Ce solde est resté l’un des principaux indicateurs dont disposent chaque mois les responsables de l’économie et des finances. Des indications, également de grand intérêt, sont données par le solde des transactions courantes, qui regroupe, à côté des biens et services, certains transferts ou, dans la terminologie du F.M.I., les paiements de transferts. À ce solde s’oppose celui des opérations en capital ou compte financier qui regroupe les transactions résultant des mouvements de capitaux. Un autre indicateur important du point de vue des décisions de politique économique est représenté par le solde des règlements officiels, qui retrace les variations des seuls avoirs publics situés au bas du tableau des paiements extérieurs. À court terme, en effet, il reflétera éventuellement les difficultés d’ajustement de la balance globale des paiements et renseignera sur l’état d’épuisement des réserves monétaires (sous forme d’or ou d’avoirs en devises convertibles, essentiellement en devises fortes susceptibles de jouer le rôle de monnaie de réserve).

Des discussions d’experts s’efforcent de tracer une ligne médiane plus significative au-dessus de laquelle figureraient les flux présentant la plus grande régularité et qui, en même temps, d’année en année, auraient un caractère déterminant du point de vue des règlements internationaux. Il faudrait délibérément rejeter en dessous de cette ligne médiane toutes les variations concernant les avoirs monétaires et les actifs financiers publics ou privés, liquides ou semi-liquides, susceptibles d’incessantes fluctuations. Aux États-Unis, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, des tentatives successives ont été faites pour tenir compte du rôle international du dollar utilisé – dans le cadre des accords de Bretton-Woods – d’abord à l’égal de l’or et, depuis 1971, en le supplantant. Comment dégager des normes satisfaisantes de la balance des paiements courants selon les règles du F.M.I.?

Le département du Commerce avait cru bon de calculer le solde «sur la base des liquidités seulement». Suivant cette méthode, certaines entrées de fonds étrangers aux États-Unis, celles qui accroissent l’endettement du système bancaire à l’égard des personnes et organismes privés non résidents, sont rejetées en dessous de la ligne parce que jugées trop instables pour figurer comme entrées de capitaux à court terme aux États-Unis. En revanche, sont placées au-dessus de la ligne les sorties de capitaux des États-Unis, même celles correspondant à des créances américaines à vue et à court terme à l’égard de non-résidents.

D’après le rapport Bernstein (1965), il semblait préférable de rétablir la symétrie en faisant passer «au-dessus de la ligne» tous les flux à court terme, même si les créances américaines (assimilées à des placements durables) avaient pour contrepartie un endettement précaire. Théoriquement plus satisfaisante, la notion de balance de base pouvait-elle permettre de dégager le rôle véritable d’une accumulation d’actifs financiers à long terme? (cf. les suggestions soit de H. B. Lary, 1963, soit de W. S. Salant, 1965.)

2. Mécanismes d’adaptation et transferts

Les théories classique et moderne

Bien que les classiques eussent insisté surtout sur les effets de prix, ils n’ignorèrent pas le rôle des variations de taux d’intérêt et des effets de revenu sur lesquels devaient mettre l’accent les théoriciens modernes pour expliquer les mécanismes d’adaptation des balances de paiements. Là ne semble pas, cependant, se situer l’essentiel de l’apport des modernes. Leur mérite majeur fut sans doute de souligner la nécessité de contrôler, et peut-être même de provoquer par un ensemble de décisions spécifiques, les mécanismes que les classiques tenaient pour automatiques.

L’analyse classique des effets de prix dans un système d’étalon-or, élaborée dès le début du XIXe siècle par les économistes classiques anglais, a largement inspiré la théorie moderne des mécanismes d’adaptation en système de change fixe.

Les classiques enseignaient que le règlement d’un déficit entre deux pays A et B impliquait que le pays déficitaire B réglât en or et qu’il subît, de ce fait, une contraction monétaire se traduisant par une baisse de prix relatifs. Une réaction compensatrice devait suivre automatiquement, la baisse des prix en B attirant les acheteurs de A et limitant les achats des résidents de B au-dehors. Comme une série de réactions symétriques étaient supposées se produire en A, tôt ou tard, le «retour» à l’équilibre devait se réaliser.

Ce schéma simple sert encore de base aux analyses actuelles, mais l’on insiste aujourd’hui sur le risque, pour le pays déficitaire, d’une contraction monétaire trop forte entraînant un processus cumulatif de crise, sur la nécessité de limiter l’absorption à l’intérieur de ce pays pour renforcer l’efficacité d’un ajustement des prix internationaux; enfin, la confiance dans le jeu de réactions symétriques dans le pays A excédentaire qui laisserait s’effectuer un retournement de la position créditrice apparaît trop optimiste.

Dans l’hypothèse d’une dévaluation, ou d’un système de change flexible, la formulation moderne du problème des «effets de prix» a consisté à préciser les conditions d’élasticité des offres et des demandes réciproques. Cette formulation suppose l’exigence, si les élasticités de l’offre sont infinies, que la somme des élasticités de la demande nationale d’importation et de la demande étrangère d’exportation soit supérieure à l’unité. Cette condition remplie, l’effet d’un fléchissement de la devise nationale apparaîtrait positif ou normal tandis qu’il serait neutre ou pervers si elle ne l’était pas.

En ce qui concerne les adaptations par les effets de revenu, bien des éléments étaient repris également de l’ancienne conception des automatismes régulateurs, naturels et spontanés. Or, l’analyse moderne reprend l’idée que ces flux tendent partiellement à s’égaliser d’eux-mêmes grâce au mécanisme du multiplicateur du commerce international: ne doit-il pas assurer, à la fois à l’intérieur du pays et dans les relations économiques extérieures, un mouvement spontané de flux qui tend à un certain nivellement des soldes des balances?

Enfin, en matière de politique des taux d’intérêt, on conserverait difficilement la conception d’une manœuvre favorable venant opportunément accompagner l’action de la masse monétaire sur les prix – et souvent même la précéder ou la suppléer – grâce à la maîtrise des flux de capitaux à court terme. Dans les périodes critiques on a vu se dissocier les avantages respectifs attendus de l’intervention sur les conditions du retour à l’équilibre interne et à l’équilibre externe (ou plutôt dans le sens de la correction éventuelle des déséquilibres).

Plusieurs étapes seraient à distinguer à cet égard:

– Dès 1861, Goschen, chancelier de l’Échiquier britannique, envisageait une moindre nécessité à court terme du jeu de l’étalon-or tandis que le maniement du taux de l’escompte par la place de Londres rétablirait dans l’immédiat l’ajustement de la balance globale – manœuvre qui aurait pu théoriquement se généraliser aux principales places financières...

– En revanche, en 1929, la hausse des taux d’intérêt américains, destinée à mettre un frein à la spéculation à Wall Street (tentative d’assurer un rééquilibre interne mais qui n’évita pas la crise), suscita un afflux indésirable de capitaux, notamment britanniques, provoquant un déséquilibre externe qui s’aggrava considérablement après les krachs (crise financière de 1931).

– Avec le flottement des monnaies (depuis la décision de non-convertibilité du dollar le 15 août 1971), la dissociation entre les conditions de régulation monétaire et le jeu des taux d’intérêt différentiels (pour des raisons de déficit budgétaire et du déficit des balances extérieures) est appréciée très différemment selon qu’il s’agit ou non d’une monnaie de réserve.

Plus généralement, les interprétations modernes estiment de la plus grande importance que l’on déploie une stratégie globale de politique économique, agissant simultanément sur l’ensemble des variations indépendantes dites instrumentales.

Mais différentes stratégies mettent en œuvre des combinaisons de politique économique très complexes en raison de la diversité des objectifs retenus.

Comme en théorie classique, on demande au pays déficitaire d’agir dans le sens de l’amélioration de ses paiements courants, mais ce ne sera plus uniquement grâce aux mécanismes des prix et des taux d’intérêt. C’est également par le renforcement du contrôle du crédit qu’on s’efforcera d’exercer directement une influence sur la demande globale. Une telle intervention ne jouera pas de façon isolée: à l’intérieur du même pays, des difficultés se présenteront quant au dosage et à la coordination des politiques monétaire, budgétaire et fiscale, et des politiques mises en œuvre.

Équilibre des flux et problème des transferts

Les théories classiques supposaient toujours une tendance au rééquilibre de la balance. En cas d’entrées ou de sorties nettes de capitaux, l’équilibre sera attendu d’une modification compensatoire de la balance courante, et plus précisément de la balance des biens et services. Peut-être, tout d’abord, y aura-t-il eu appel aux facilités de crédit et aux mouvements de capitaux à court terme, mais, à long terme, le redressement de la balance sera obtenu tôt ou tard grâce au jeu des effets de prix accompagnés des effets de revenu après un bon usage du maniement des taux d’intérêt.

Toutefois, si la réalisation du transfert ne s’effectue généralement pas avec facilité, elle est favorisée dans certaines conditions. Il en va ainsi pour beaucoup de prestations gratuites pour des raisons qui tiennent à la logique d’une économie internationalement concertée. Les premières phases d’une grande expansion internationale des capitaux sont également fastes à cet égard. Mais lorsque ces conditions font défaut, l’équilibre ne se rétablit pas de lui-même, il y a «échec de transfert».

Les problèmes de transfert apparurent au lendemain de la Première Guerre mondiale, lors de la discussion du règlement des dettes interalliées ou paiements de réparation. À juste titre, on se demandait si le transfert correspondant à ce type de paiements tendrait à susciter de lui-même, comme tout mouvement de capital, l’exportation nécessaire, une fois épuisées les possibilités de règlement en or du pays débiteur. De son côté, le pays bénéficiaire aurait-il tendance à accroître suffisamment ses importations?

L’insistance mise à souligner le caractère autorégulateur des mécanismes monétaires (cf. chap. 2) avait longtemps masqué les conditions, dans les cas manifestement les plus favorables, d’une double tendance préalable à l’ajustement entre flux financiers et flux réels . Ainsi s’établissaient des relations inégales mais privilégiées, dans les grandes phases d’expansion capitaliste, entre le grand pays industrialisé A et le pays à moindre niveau de développement B. Le double déficit – d’épargne et de production – en B expliquait certainement pour la plus large part l’ajustement obtenu en vue d’investissements nouveaux, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Cependant les disciples néo-classiques de Taussig aux États-Unis, notamment J. Viner pour les investissements britanniques au Canada et Williams pour les mouvements de capitaux vers l’Argentine (sinon H. D. White quant aux prêts français aux États étrangers avant la guerre de 1914), avaient insisté sur certains résultats (complémentaires) de nivellement des soldes.

Pour éviter toute équivoque quant au règlement d’importantes dettes (de réparation de l’Allemagne – un cas limite – mais aussi des dettes interalliées après la Première Guerre mondiale à l’égard des États-Unis), sans doute eût-il fallu reconnaître la différence fondamentale entre les transferts envisagés et ces grands flux financiers pour lesquels existent les conditions préalables à un rééquilibrage au moins partiel (cf. les controverses rappelées ci-après).

De même devait-on déjà souligner le trop grand optimisme quant aux passages de la situation de pays «jeune créancier» ou «nouvellement prêteur» à celle de «créancier mûr» ou «prêteur évolué» (absorbant le transfert de ses revenus de capitaux sous forme d’importations additionnelles de biens et services) et réciproquement celle de «jeune débiteur» (ou «pays nouvellement emprunteur») à celle de «débiteur évolué», voire de pays heureusement parvenu au strict rééquilibrage de ses paiements courants (y compris les arrérages de son endettement).

John Maynard Keynes, en 1920, encore bien loin de s’attacher aux effets de revenu dans une situation de sous-emploi, s’inquiétait de voir imposer en Allemagne une charge qui, selon la théorie traditionnelle, devait provoquer un abaissement des prix relatifs des exportations et, par conséquent, des taux de salaires réels dans le pays «payeur». C’est pour s’opposer à une telle argumentation que des auteurs comme B. Ohlin, Jacques Rueff et, dans un livre posthume, Étienne Mantoux, firent valoir que le prélèvement fiscal, en limitant directement le pouvoir d’achat dans le pays payeur, permet d’y réduire la demande globale, même en l’absence de toute variation de prix: symétriquement, le pays bénéficiaire d’un surcroît de revenu est conduit à l’utiliser pour des acquisitions au-dehors. Pour ces auteurs, le déplacement du pouvoir d’achat tendait à renforcer l’efficacité des disparités de prix.

On voit ainsi qu’en théorie le jeu des effets de prix fut de moins en moins invoqué tandis que celui des effets de revenu suscita un très grand regain d’intérêt; mais on doit abandonner, premièrement, l’espoir d’un rééquilibrage automatique et, secondement, celui d’une coordination adéquate des politiques conjoncturelles.

Cette interprétation moderne s’impose peu à peu avec les travaux d’Albert Aftalion qui, violemment opposé aux thèses de l’équilibre automatique, soit par les variations relatives de prix, soit par celles des taux d’intérêt, met l’accent sur le jeu d’un simple stimulant au rééquilibre. D’ailleurs, les disciples de Keynes (mais du Keynes de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie , 1936) finiront par ratifier une telle interprétation des effets de revenu.

Après la Seconde Guerre mondiale, les conditions de transfert sont inversées: prestations volontaires destinées à combler le déficit des balances de base ou à utiliser des surplus de production exportable. Du moins en va-t-il généralement ainsi au moment où se décide l’aide publique internationale, qu’il s’agisse en 1947 de l’aide Marshall ou, par la suite, des différents types d’aide aux pays en voie de développement: dans les deux cas, on s’intéresse avant tout à l’état des balances des paiements des pays déficitaires. Le plan Marshall ne devait pas seulement contribuer à une reconstruction de l’appareil industriel des régions éprouvées par la guerre, mais bien à reconstituer une capacité d’importation en palliant le manque de devises convertibles. Pour l’aide au développement, la présomption est restée la même: on exclut au départ que le pays aidé dispose d’une suffisante capacité d’importation, et ce qui semble essentiel c’est le besoin de financement de son compte extérieur.

3. Décisions politiques et règles de conduite

Longtemps, la pensée monétariste qui se voulait la plus orthodoxe s’est efforcée de nier ou de masquer la nécessité de recourir à des décisions politiques. Le refus d’intervention aurait dû prévaloir même dans des circonstances défavorables à la croissance économique, telles que les années trente, dites de grande dépression, ou celles de l’après-guerre (1945-1954), caractérisées par la pénurie de dollars.

Il n’a sans doute plus été possible de s’en tenir à cette position négative et cela même lorsque les circonstances devinrent plus favorables à la continuité de la croissance.

Dans les pays les plus développés, on évoque la nécessité d’assurer la conformité des décisions prises en cas de difficulté à certaines «règles du jeu», où règles de conduite inscrites dans les engagements internationaux: les restrictions apportées aux paiements courants d’après l’article premier de l’accord sur le F.M.I. dépendent de l’approbation du Fonds, tandis que les opérations portant sur les capitaux peuvent rester soumises au contrôle des changes. Par ailleurs, l’accord sur le F.M.I. supposait un système de taux de change fixes mais adaptables sous certaines conditions (avec l’autorisation du Fonds si le changement de parité dépasse 10 p. 100 de la parité déclarée). Il s’est produit par la suite divers revirements doctrinaux en faveur d’ajustements qui évitent les effets déflationnistes trop importants (ceux dont on avait fait grief à l’étalon-or ou qui sanctionnent une inflation des coûts).

Toutefois, dans de très vastes régions du monde sont apparues des situations très différentes. Avec le monopole du commerce extérieur, l’Union soviétique, les pays de l’Est européen, la Chine populaire et quelques jeunes nations se sont attachés à des principes d’organisation jugés fondamentaux. Beaucoup d’autres s’efforcent avant tout de sortir d’un état de sous-développement. Pour eux, les problèmes de balance des paiements se posent en termes assez proches de ceux des pays à commerce d’État, non pas tant pour des raisons de doctrine ou de système mais du fait d’un manque d’adaptation de leurs structures économiques, structures de production d’abord, essentiellement, mais aussi structures financières et monétaires. Comment pourraient-ils recourir aux politiques néo-libérales mises en œuvre dans les pays occidentaux? Ils ne sont généralement en mesure ni de donner la priorité aux mêmes objectifs ni d’adapter des moyens identiques aux fins poursuivies. On peut dire aussi, avec d’ailleurs bien des réserves, que leur situation se rapproche de celle qu’éprouvent les pays industrialisés dans leurs moments les plus difficiles: les uns et les autres connaissent des déséquilibres structurels et non des déséquilibres monétaires. Ces questions sont devenues d’une acuité particulière à partir du début des années 1980, avec l’explosion de la crise de la dette des pays en développement et la génération des politiques d’ajustement structurel sous l’égide des institutions financières multilatérales.

Les schémas simplificateurs permettent de déterminer des règles de conduite s’appliquant soit à des cas simples où le déficit se situe du côté de la balance externe et la situation favorable du côté de l’équilibre interne ou inversement; soit à des cas moins fréquents où se conjugent un excédent de la balance de base du point de vue externe et une situation interne favorable, ou l’inverse.

En cas de difficulté de la balance des paiements, l’un de ces modèles enseigne que des effets directs et rapides peuvent être obtenus par un système de changes fixes, à la condition qu’il existe une grande mobilité internationale du capital. Dans le cas inverse où les capitaux seraient peu sensibles aux variations du taux d’intérêt, une politique de change flexible semblerait plus adaptée.

Les thérapeutiques applicables aux situations schématiques du modèle apparaissent toutefois souvent inefficaces, voire inacceptables dès qu’elles sont envisagées pour porter remède à des cas réels, beaucoup plus complexes. Plus généralement, en théorie des politiques économiques, on admet que les dirigeants de l’économie et les autorités monétaires d’un pays se trouvent sans cesse devant la tâche de concilier divers objectifs en combinant un certain nombre d’interventions. Mais, tandis que s’aggrave une crise, les mesures peuvent apparaître incompatibles, soit avec les règles auxquelles ils ont souscrit, soit même avec les conditions d’une reprise de la croissance économique à l’échelle internationale.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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